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Highway to hell, où comment j’ai vendu mon âme en t-shirts retro vintage

Highway to hell, où comment j’ai vendu mon âme en t-shirts retro vintage

Je me souviens d’une époque pas si lointaine. Quoique que. En ce temps, je disposais de peu d’argent. Je n’allais donc pas les dépenser en achetant des t-shirts de groupes que je n’aimais pas à la folie. Aujourd’hui, tout a changé, tout est renversé. C’est l’un des nombreux paradoxes de l’ère numérique.

Minable AC/DC

A l’époque, les glorieuses années 80s, à moins de vivre dans un périmètre très urbanisé ou avoir de la chance et de l’argent, l’accès au textile sérigraphié un brin confidentiel s’avérait compliqué. Il fallait soit commander t-shirts ou sweats sur catalogue, soit rejoindre la grande ville, de préférence étrangère, et plus volontiers anglaise, pour faire le plein, soit assister réellement à un concert et espérer avoir le bonheur d’enrichir le marchandising. A la limite, qu’importait la taille, le visuel ou la couleur du moment qu’on ait l’ivresse. A 14 ans, j’ai acheté mon premier t-shirt du premier groupe dont je suis tombé en pâmoison. Il s’agissait de AC/DC et, je le confesse, ce t-shirt était ignoble. Le visuel était abominable (si laid que je ne l’ai jamais revu depuis), il s’agissait d’un modèle sans manches (je détestais mais bon, c’était mieux que rien) et le noir du tissus a dégorgé longuement avant d’évoluer vers un gris foncé assez tarte. Mais voilà, j’entrais avec lui dans le cercle des fans de hard rock. Et ça, ça valait beaucoup plus que les 45 francs (de mémoire) que m’avait coûtés cette chose. Je l’ai porté de nombreuses années, trop, et ma mère a dû le jeter. Et j’avoue qu’il me manque, aujourd’hui. Mince, où es-tu, fidèle parure ?

Rage vs Rachat

Aujourd’hui, j’ai beaucoup de t-shirts AC/DC à vendre. Et ils se vendent assez mal. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que le commerce a réussi à faire d’AC/DC une estampille docile à imposer au public. Dingue. On en trouve dans toutes les grandes enseignes de diffusion massive de vêtements. Pas les mêmes modèles en même temps, mais c’est devenu une valeur sure. Comme les Ramones. Il y a peu, c’est Iron Maiden qui tenait la cote. Metallica aussi était bien placé. Chaque groupe a sa licence (ou l’a cédé) et chaque licence est achetée pour obtenir le droit de reproduction. Une véritable course à la saucisse, conduite par visuels d’albums et autres affiches de tournées. Une fois où nous zonions dans une de ces boutiques géantes aux prix hachés, j’ai demandé à ma fille si elle avait déjà écouté Iron Maiden. Jamais a-t-elle rétorqué. Dans la voiture, j’ai diffusé The number of the beast. Elle a trouvé ça un peu mou, loin de l’image satanique imprimée sur le t-shirt. Paradoxe pas si paradoxal : on peut désormais porter le logo d’un groupe réputé violent (au hasard, les fabuleux Misfits) sans même avoir la traître idée de la musique qu’ils jouent – ou jouaient dans la plupart des cas, pas vrai les Doors ?

Loser précurseur

Ce genre de textile se vend entre 12 et 15€. Neuf. Cependant, allez vous procurer un exemplaire d’époque. Prenons The number of the beast. On part de 100€ pour les basiques avant d’aboutir à quelques 3000€ pour de rares exemplaires imprimés en 1982. Et tout est à l’avenant. Un même Ramones bradé à 10€ en solde se vend à près de 1000€ en ligne. Un est neuf et pue l’usine, l’autre est délavé, troué et sent parfois mauvais. Mais l’un est destiné au grand public quand l’autre se réserve à d’éclairés amateurs. De fortunés amateurs. La vague de la seconde main a du bon, incontestablement, elle a également mis un sacré coup de boost aux raretés, devenus perles vintage. Comme pour le vin, la peinture ou les voitures. Un curieux paradoxe, encore un, est que ces pièces étaient produites par des artistes qui, pour la majorité, n’auraient même pas envisagé dans leurs rêves les plus fous passer de la case de proscrits à celles de modèles, mêmes virtuels. A l’époque, on me prenait pour un loser avec mon t-shirt AC/DC, quand tous écoutaient Imagination, Duran Duran ou Kid Creole. Aujourd’hui, je retrouverai bien le t-shirt de mes 14 ans. Mais celui-ci, même si sa cote a indubitablement et irrémédiablement grimpée, je ne le vendrais pas, jamais, jamais, jamais.

Highway to hell, où comment j’ai vendu mon âme en t-shirts retro vintage
Fans de qui vous savez en 80s. Vous auriez dû conserver ces nippes, les filles

A vendre!

Bien entendu que Gabba Vintage vend du t-shirt de groupe, original ou réédité, en bon état ou carrément détruit. C’est ici

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