HellFest 2022: Les Sheriff , Discharge, GBH, The Exploited, Suicide Silence, Social Distorsion, Frank Carter & The Rattlesnakes: chroniques de live

Le Hellfest, c’est le retour des increvables. Il y a une forte probabilité pour que la plupart des groupes que vous avez aimés durant votre jeunesse passe un jour au Hellfest (sauf The Clash). De fait, le Hellfest pourrait avoir pour sous titre la chanson de Roky Erickson, I walked with a zombie (la nuit dernière, près du bar)

C’est ici: https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014483/hellfest/

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Bon sang, Les Sheriff au Hellfest. Ils viennent de Montpellier, sous le soleil de la Méditerranée, et il pleut des cordes. D’emblée, cette remarque : les Sherrif vieillissent comme les Ramones : les musiciens varient, le chanteur reste, et le chanteur a parfois bien du mal à suivre la cadence, le sprint, qu’imposent certaines anciennes chansons. De fait, le répertoire se cale plutôt sur un tempo moyen. Beaucoup de vieux titres, précisément ceux que l’auditoire est venu entendre, mais aussi pas mal tirés du nouveau disque. Alors, OK, tout n’est parfois pas bien calé et la voix fait souvent grincer des dents. Mais mince, ce sont Les Sherrif, un groupe qu’ici on a vu à de multiples reprises au cours des 80s et 90s et pour lequel on a assisté, à Montpellier, à la grande résurrection en 2012. On n’est pas objectif, parce que, voilà, c’est Les Sheriff.

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Discharge ! Une confidence : depuis quelques mois, chaque fois qu’on grimpe dans la Clio 2 officielle, on écoute Hear nothing See nothing Say nothing. Dès que c’est fini, on recommence. Ce disque publié en 1982 a changé véritablement, plus que Wham, Guns’Roses ou Bruce Springsteen, la face de la musique. 40 ans plus tard, Discharge grimpe sur scène pour jouer ses antiques pépites. Les membres ont tellement varié qu’on n’y comprend plus rien mais tout est là: c’est brutal. La voix est mixée très en avant et, au contraire des Sheriff, le tempo est encore accéléré. Et même si le bassiste a un véritable look de pêcheur de Camargue, c’est beaucoup beaucoup et encore beaucoup mieux qu’attendu de la part de personnes voyant poindre l’âge de la retraite. Pas un sketch TV, comme ils l’avaient présagé. 

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GBH 2022 - HellFest 2022: Les Sheriff , Discharge, GBH, The Exploited, Suicide Silence, Social Distorsion, Frank Carter & The Rattlesnakes: chroniques de live
Hardcore Pas Mort

GBH ! Autre confidence : dès qu’on a pu, et c’était long et difficile dans les 80s, on a acheté City Baby Attacked By Rats, du quatuor anglais. Une suite de hits à la charnière du punk rock et du hardcore dont on a usé, usé, usé le vinyle. Et les revoilà, saisis au Hellfest en pleine tournée mondiale. Retour du phénomène Sherrif, théorisé anciennement par Joey Ramone: le chanteur, Colin, a des difficultés avec les tempi rapides. Le hic, c’est que GBH est construit sur de telles hautes cadences. Donc, il applique la solution prônée par J. Ramone : faire traîner la voix et effectuer un parler / chanter. Mais bon, publié en 1982, City Baby… reste un disque fabuleux ; ce sont juste les hommes qui l’ont enregistré qui ont vieilli. 40 ans de punk et d’abrasion, fils… Et encore une reprise de Motorhead, la pure merveille, à la fin !

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The Exploited, une autre façon d’envisager la vieillesse

On a vu Discharge, on a vu GBH, on voit The Exploited. Troisième lame majeure du punk rock 82, The Exploited possède un argument que ne détiennent pas ou plus ses confrères : le dynamisme. Alors que le chanteur, Wattie, a l’âge d’être grand-père, il arbore toujours sa crête rouge, son t-shirt The Exploited, et a une voix et une énergie assez désarmantes. Pendant que Discharge laboure brutalement ses terres D-Beat et que GBH a bien du mal à s’accrocher à son étoile hardcore, The Exploited fracasse toujours, tranquille, armé de titres puissants puisés dans son énorme répertoire. Loin d’être chaotique comme il le clame, The Exploited demeure une formation carrée et inspirée qui enquille les hits. Et tout le monde sur scène pour finir, comme aux meilleurs moments des Wampas,

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Arte aime les formations au carrefour des styles, histoire de rameuter le maximum de téléspectateurs (mais merci à eux, qui nous donne à profiter de ces lives, hein). Ceci dit, entre les gloires du punk hardcore anglais ou Suicide Silence, c’est une autre mayonnaise. SS nous rappelle les beaux moments du death metal quand, début 90s, ce genre restait l’apanage d’initiés. On est bien en cercle fermé. Et SS, avec sa violence et ses breaks et ce son, ne risque pas de concurrencer les Guns, ça non. Bref, c’est assez imbitable, mais on aime ça, ici. Surtout quand le cousin de Demis Roussos, croisement d’un ours, d’une hyène et d’un hiboux, tient le micro.

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Étrangeté que le set de Social Distorsion. Dans le genre patrons, ils se posent pourtant là, et leur discographie a de quoi laisser admiratif. Mais, comme le chantait Canibal Corpse, Au temps, suspend ton vol. Et il est parfois si suspendu que les minutes semblent plus longues. Les chansons s’enchaînent et il faut attendre la seconde moitié de la prestation pour que ça se secoue un peu. Dommage. Alors, on se divertit comme on peut, en regardant tourner la grande roue, à l’arrière, ou au détail du look des musiciens. Parlons en ! Le chef de la bande possède une tenue très référencée rock – custom garage, avec une très grande casquette. Fort élégant, il est rejoint sur ce terrain par le bassiste, vêtements amples comme aux beaux moments du nu metal et casquette old school lui aussi. A leurs côtés, le second guitariste et le batteur semblent extirpés d’un groupe de metal core espagnol.

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Chaque année, c’est le même débat. Un vrai marronnier. Et chaque année, le verdict tombe : non, pas de chemisettes. Il ne faut pas. C’est mal. Mais faut croire que Frank Carter & The Rattlesnakes ne lit pas plus la presse qu’il n’écoute les influenceurs. Tous les membres du groupe portent une chemise aux manches courtes, sauf un guitariste en marcel blanc (un autre débat, ça). La musique que produit cette formation à chemisettes n’est pas déplaisante, mais pas mémorable non plus. Sinon le boss, Frank Carter, tatoué comme une voiture à voler, est une bonne pub pour les mauvaises drogues.

bref, c’est toujours en ligne ici:https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014483/hellfest/

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