HellFest 2022: Agnostic Front, Flotsam & Jetsam, Toy Dolls, The Offsprings, No Turning Back, Sepultura, Anti Flag, Life Of Agony: chroniques de live

Le Hellfest, c’est l’embouteillage. Beaucoup de groupes et beaucoup de groupes jouant une musique puisant ses sources aux mêmes influences. Comment se dégager du lot quand 2, 4 ou 47 groupes globalement similaires se partagent la même scène ?


Pas besoin d’une longue introduction pour Agnostic Front (légende du hardcore, Stigma, la violence, tout ça). Les gars ont de quoi piocher dans leur répertoire pour faire bouléguer l’assemblée, et pas qu’un peu. N’empêche, ce concert est limite décevant, car il y a peu d’appel aux hits, juste un morceau ouvertement hardcore brutal, et d’ailleurs le public reste sagement en retrait, à part le lot d’agités du devant. On note une fois encore cette tendance manifeste des américains quinquas à s’empâter, et les tatouages n’arrangent rien à l’affaire, ouh que non. Bref, les affaires habituelles, avec passages obligés (appel au 160éme circle pit de la journée ou « Le hellfest, c’est le meilleur festival au monde » ou « ça fait 40 ans que je joue dans ce groupe et je peux vous dire que… » (suite louangeuse au choix).

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8 kg d’encre tatto par personne


Retour au thrash avec Flotsam & Jetsam. Finalement, ce n’était pas aussi ennuyeux qu’envisagé, cette affaire. Ok, c’est ouvertement inspiré par Maiden, mais ça joue bien, et sérieusement, et les mecs ne ressemblent pas à des barriques, en somme c’est plaisant et ultra technique. Que demander de plus?


Ultra technique OK (confère les instrumentaux), mais sérieux pas vraiment. Les Toy Dolls, c’est la galéjade assurée. On arrive en costume, on se change, on fait des gags pour aérer le set et on sort la guitare à 3 manches. Là encore, la discographie pléthorique autorise un passage obligé par les hits, mais pas que. C’est fun, léger, jamais punk mais ultra carré, et le public adore. Vrai vrai gros succès. Quant au chanteur, Olga, il a trouvé une méthode ant vieillissement qu’il se doit de breveter au plus vite.


The Offsprings, c’est étrange. Tu fermes les yeux, tu écoutes leur hit sur Sky Rock en 90s, et quand tu les ouvres, tu te rends compte qu’ils n’ont changé ni de coupe de cheveux, ni de lunettes de soleil, ni de fringues, sauf de tailles pour certain. Un set cohérent, truffé de hits, une sorte de best of live servi par des punk rockers américains pro et aimés de leur banquiers. Ah, ça joue à 3 guitares, mais la troisième est reléguée au fond (le type qui la gère doit grave puer du bec). Sinon, le guitariste non chanteur a une décoloration qui le rapproche dangereusement du poulet mariné. En résumé, c’était si bien et si entêtant qu’on l’a mis une seconde fois.


No Turning Back débarque. Les hollandais attaquent devant un parterre à peu près déserté et terminent avec un gros public devant eux. Public les acclamant, eux et leur New York Hardcore pourtant fidèle au dogme (violence, hurlements, riffs carrés et breaks, le tout ponctué d’appels au public). Pas original, Terror ou Hatebreed font ça en plus énorme, mais tellement d’abnégation… Et vu que c’est toujours à peu près le même morceau qu’ils jouent, voilà une bande son très cool pour bosser…


Sepultura arrive et démarre sec sur Arise. Le ton est donné. La voix est carrément brutale et le moteur instrumental tourne plein régime. La scène est quasi plongée dans le noir, si bien que l’ambiance, d’une sombre sobriété, est sépulcrale. Le set est lui-même assez ténébreux. Après 2 titres phares d’emblée, ce sont des emprunts au Sepultura moderne qui nous sont livrés, avec parties lyriques enregistrées en support. Le public, pressé devant la scène, acclame mais est plus circonspect. Notons qu’ici, pas d’appel au circle pit (cette plaie) mais une mention à deux journalistes assassinés. Ensuite, retour au Sepultura classique, celui qui a réunit toute cette foule immense devant eux. Bref, contrasté tout ça… Réconfortant, pas fondamental.


Plein de gens détestent Anti Flag (mais plein de gens détestent Venom aussi). Trop ceci, pas assez cela. OK, mais des gars capables de faire sauter une telle assistance comme des pois sauteurs à la feria de Mexico se doivent d’être signalés. Pop rock avec un son aussi énorme que leurs mélodies, AF s’avance franchement et sans jamais se prendre pour d’autres, t-shirt anti guerre en évidence. OK, le batteur a l’air d’être leur grand-père, et cette avalanche de refrains fédérateur peut provoquer la même réaction qu’un excès de chantilly, et des fois Patrick Sébastien l’ambianceur semble dicter leur conduite, n’empêche, ça marche, et pas qu’un peu ! Et un medley punk rock vintage / hardcore en prime !



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Qui porte le chapeau chez LOA?

Ouah, Life Of Agony, quel talent. Le trio de musiciens assure une charpente metal avec une sacrée teinte alternative / hardcore, mais aussi doom / Black Sabbath (rien que ça) à cette chanteuse (ex chanteur) dotée de cette voix toujours lyrique. L’ensemble est percutant et assez ouvert et aéré, Notons que, depuis le début de ces visions de live, la batteuse est la première femme aperçue sur scène. Avec un transgenre et une femme, Life Of Agony explose les critères. Mais cela ne divertit en rien de la qualité de la prestation.

bref, c’est en ligne ici:https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014483/hellfest/

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